L s'observe que maints utilisateurs du téléphone portable dans le contexte kinois, abusent de la moralité publique, en réduisant ledit système au transfert, à la consommation des images à caractère pornographique. Ceci entraînant cela, l'évocation du terme Bluetooth imprime dès lors, dans l'imaginaire collectif, l'idée d'atteinte à la pudeur publique.
Bluetooth |
L'Avenir-Femme a initié, à cet effet, un mini sondage d'opinion qui a ressorti notamment la nécessité d'envisager des actions pédagogiques sur le terrain, en vue de remettre les pendules à l'heure.
Djemba Kadima (vendeur- restaurateur, centre ville) : « Le fabricant des téléphones portables n'avait pas mis en place le système Bluetooth pour le besoin du trafic des images à caractère pornographiques. Certains utilisateurs congolais de basse moralité ont du mal à faire la part des choses entre l'utile et l'agréable, dans le cadre des avantages et des possibilités qu'offrent les NTIC.
Si beaucoup d'utilisateurs de ce système dérangent des correspondantes et correspondantes par d'interminables transferts d'images obscènes, il se pose un problème de déficit d'éducation. Car, faut-il l'avouer, la plupart des Congolais n'étaient pas préparés à l'intégration de la culture des NTIC dans leur vécu quotidien.
Par ailleurs, si vous observez à travers les quartiers de Kinshasa, débits de boissons, hôtels et flats-hôtels occupent une bonne place dans les investissements des nationaux. Ceci montre à suffisance la place qu'occupent les jouissances sexuelles dans les moeurs des Congolais. Vraiment, il faut soit traquer ceux qui réduisent le système Bluetooth à la consommation des images pornographiques soit doter les forces de l'ordre des moyens de les traquer à partir de leurs coordonnés téléphoniques ».
Léontine Malepika (Etudiante, Unikin) : « Quand les gens ont commencé à se familiariser avec l'Internet, les sites proposant ou spécialisés dans la production et l'émission des images pornos attiraient du monde. Et, progressivement constatant le débordement au niveau de la jeunesse, certains parents ont fait entendre leur voix plaintive aux décideurs. Des cyber autrefois débordants de clients parmi lesquels des enfants d'âge scolaire ont été rappelés à l'ordre.
Depuis, la plupart ne laissent plus libre accès aux sites à caractère pornographique. Face à cette restriction, beaucoup qui avaient pris goût à de telles images se sont rabattus au système Bluetooth incorporés dans certains téléphones portables. Si l'on n'imagine pas de moyens pour contrôler ce secteur, surtout à Kinshasa, la dérive est imminente.
Mère Tina Nsimba (ménagère, commune de Matete) : « Les Nouvelles technologies de l'information et la communication sont le fruit d'une société à vieille civilisation. Nous qui consommons, sommes encore au niveau du balbutiement, donc celui de l'émerveillement. Ce qui est souhaitable, est que tout parent augmente éventuellement ses moyens de préventions donc d'encadrement au bénéfice de ses enfants à l'âge de d'utiliser et de détenir un téléphone portable.
En tant que mère, je pense que si chaque foyer relève le pari d'assurer un encadrement maximal aux enfants, les maillons de la chaîne qui deviennent corrompus, seront réduits à la baisse. Car même les Saintes Ecritures donnent cette mise en garde : « Mon peuple périt parce qu'il lui manque la connaissance » (Osée 4, 6). En somme, les parents ont devoir de prévenir leur progéniture du danger de destruction morale qui les guette ».
B. Ndudi ( Analyste indépendant) : « Je suis de ceux qui estiment que l'histoire se répète. Car au milieu de la décennie quatre-vingt, la vague des vidéothèques dans certains quartiers mouvementés de Kinshasa ne permettait pas aux parents de contrôler le genre de films vidéos que consommaient leurs enfants à leur insu. Et des témoignages indiquent que des films pornographiques pris en location étaient d'un taux fort élevé par rapport aux autres films.
Dans toute cette mouvance, les parents sortent perdants, car leurs enfants subissent généralement, non l'influence directe des NTIC en terme notamment de bienfaits, mais de la dominance des récupérateurs, qui sont des gens de petite vertu. Et le malheur, s'agissant du système Bluetooth, c'est que de telles gens non seulement affluent, mais accèdent à la propriété des téléphones VIP (Very important personnality), donc des téléphones parmi les plus coûteux pourvus de tels programmes. Et en conséquence, ces utilisateurs non avertis étant eux-mêmes de la mauvaise semence, font un travail de sape pour corrompre un plus grand nombre ».
Tshombe Maestro (Agent de la Police nationale congolaise) : « Ce méli-mélo relatif au Bluetooth devrait réveiller les parents pour que chacun tiennent à son autorité sur les enfants. Il est déplorable que de plus en plus de parents tolèrent que même leurs filles qui sont encore sous leur garde accèdent à la propriété des téléphones forts coûteux. Là où maints parents se montrent tolérants par prestige, là aussi se trouve le piège qui pervertit en majorité la jeunesse.
Propos recueillis par
Payne © L'Avenir 23/01/2010
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