Opinion
La Sakombisakion des médias congolais par Toussaint Tshilombo

L'histoire des médias bégaie et se répète en même temps en République Démocratique du Congo. Les assassinats des journalistes ne suffisent plus, les arrestations intempestives et inopportunes des professionnels des médias ne suffisent plus, les menaces et intimidations n'ont plus d'en prises, il faut fermer les médias.

Le lundi 22 octobre 2007

  chaque fois qu'un gouvernement en République Démocratique du Congo s'en prend aux médias ce qu'il est aux abois et veut se radicaliser. Comment un ministre qui a vécu en exil en France, pays de voltaire, peut une fois rentré au pays se comporter en Ayatollah face au pluralisme médiatique ? Comment peut-on fermer les médias qui ont été autorisés à couvrir la campagne officielle des élections présidentielles et législatives qui ont eu lieu il ya un an ?

Toussaint Tshilombo - 64 ko
Toussaint Tshilombo
Dominique Sakombi Inongo aura marqué d'une façon indélébile la volonté du musellement des médias dans l'histoire de notre pays. Le Goebbels de Mobutu, qui avait fait de la Radio et Télé Nationale Congolaise, " la voix de son Maître Mobutu", un média étatique de propagande, d'asservissement, Dominique Sakombi peut se targuer d'avoir au moins plusieurs élèves dont Toussaint Tshilombo. Tous les successeurs de " Frère Jacob-Dominique " à la tête du mistère presse et information ont eu tendance à s'en prendre d'une manière ou d'une autre aux médias à l'exception de Vital Kamerhe, l'actuel Président de la chambre basse- le parlement qui n'a jamais tenté de museler les médias et les journalistes lors de son passage à ce ministère.

La décision de Toussaint Tshilombo ressemble comme deux gouttes d'eau à la décision arbitraire qu'avait pris Dominique Sakombi Inongo, le 14 septembre 2000 où 6 stations de radios et 4 chaînes de télévisions étaient fermées à Kinshasa pour des motifs soit disant administratifs.

Pour exemple : la Radio Elykia a été fermée par manque dans son dossier de l'attestation de bonne vie et moeurs du cardinal Etshou. Un Cardinal doit-il brandir une attestation de bonne vie et moeurs pour prouver qu'il est cardinal ? Devant les caméras de la RTNC, Sakombi Inongo argua que Réveil FM était une Radio sans dossier. Déclaration fausse , car dans notre dossier l'attestation du paiement au PTT de notre récépissé de 5000 $ n'était pas pris en compte. Le ministre exigeait notre licence d'exploitation alors que le PTT avait perçu l'argent sans nous le délivrer. Sans doute que nos informations de proximité gênaient beaucoup Sakombi qui n'avait pas une main mise. Réveil FM mit 48 jours de radio silence.

Dominique sakombi Inongo ira trop loin le 22 septembre 2000 en " Congolisant " les chaînes de télévisions privées RTKM d'Aubain Ngongo Luwowo et Canal Kin de Jean Pierre Mbemba. Première raison invoquée à l'époque par Dominique Sakombi était la présence de leurs propriétaires dans les rangs de la rébellion. Plus tard on saura qu'en ce qui concerne Aubain Ngongo Luwowo, ils avaient une idylle féminine commune et c'est Aubain qui avait remporté la partie. Dans un autoritarisme caractériel, le 30 octobre 2000, les deux chaînes privées -confisquées- seront débaptisées : Radio Télé Kin Malebo ( RTKM) deviendra Radio télé nationale Congolaise (RTNC) 4 et Canal Kin deviendra, RTNC 3. Il nommera même les mandataires dans ces chaînes de télévisions privées-congolisées, Dominique Sakombi ira jusqu'à dicter les grilles de programmes de ces nouveaux médias accès vers le culte de la personnalité.

Comment un ministre de presse et information qui a vécu en exil en France, ce qui est le cas de Toussaint Tshilombo, qui a bénéficié de la liberté d'expression et toutes les structures pluralistes au pays de voltaire, peut-il une fois en fonction se comporter en Ayatollah ? Comment Toussaint Tshilombo qui a pour conseiller juridique, Maître Charles Mushizi qui a longtemps oeuvré chez JED, Journalistes en Danger, peut-il prendre des décisions qui vont dans le sens du musellement des médias ? Avec toutes les conséquences que cela peut impliquer pour notre pays ?

Le 3 mai dernier lors de la journée de la liberté de la presse, La République Démocratique du Congo était classé 4eme parmi les dix pays les dangereux au monde pour les professionnels des médias. N'ya-t-il pas risque aujourd'hui avec cette fermeture massive des médias nous soyons mis à la tête du peloton des pays prédateurs de la liberté d'expression ?

Comme sous Sakombi Inongo, ce sont quelques médias qui sont visés dans cette décision alambiquée de Toussaint Tshilombo. Pour noyer le poisson on généralise la décision pour montrer à la face du monde qu'on ne vise personne alors que cette décision est hautement politique. Qui veut-on viser dans cette décision ? Pourquoi hier a-ton encourager tous ces médias à couvrir les élections ? Alors qu'ils n'étaient pas en ordre et aujourd'hui on les ferme.

La majorité des médias d'opinion qui émettent depuis Kinshasa appartiennent aux acteurs politiques, certains sont au sénat , d'autres au parlement. Il y en a qui ont occupé des hautes fonctions de la République :
Afrika TV : Azarias Ruberwa, ex-vice-président de la République pendant la transition ;
Global TV : Cathérine Nzuzi wa Mbombo, ministre aux affaires humanitaires durant la transition ;
Canal 5 et radio 7 : Modeste Mutinga, ex-président de la Haute Autorité des Médias et Sénateur de l'Alliance Majorité Présidentielle ;
Horizon 33 : Charles Okoto, député ;
RadioTélé Lisanga : Roger Lumbala , sénateur ;
CCTV : Jean Pierre Bemba, sénateur en exil au Portugal ;
Rtg@ : Pius Mwabilu, député...

Si les médias appartenant aux acteurs de l'opposition sont visés, ce serait très grave pour l'installation de la démocratie dans notre pays. CCTV a-t-il droit par exemple de faire parler Jean Pierre Bemba même s'il est en exil ?

Les radios associatives et communautaires visées, les radios citoyennes de proximité -sans parapluie politique- sont victimes d'une décision globalisante qui au départ ne vise que quelques médias dont le ministre Tousaint Tshilombo a du mal à dompter. Les radios associatives et communautaires : Radio Elykia, Réveil FM, Radio ECC, Radio Sango Malamu, Radio Kintuadi, Radio Kimbanguiste, Radio méthodiste lokolé sont victimes d'une décision arbitraire hautement politique dont l'objectif premier est de mettre fin au pluralisme médiatique et à la pluralité d'opinion partie prenante de l'apprentissage de la démocratie.

L'urgence est ailleurs !

Freddy Mulongo - 75.7 ko
Freddy Mulongo
Six priorités pour le ministre Toussaint Tshilombo :
1. Protéger et sécuriser les journalistes congolais contre les assassinats politiques, les ménaces, les intimidations et arrestations arbitraires et inopportunes.
2. Arrêter les commanditaires des assassinats des journalistes.
3. Faire de la RTNC, un média public et non plus étatique.
4. Respecter la loi 002/96 du 22 juin 1996 qui régit la liberté de presse en République démocratique du Congo. Cette loi n'a jamais été abrogée et son article 30 stipule clairement que la création audiovisuelle est libre en République démocratique du Congo.
5. Dans les cahiers de charges, respecter les 3 secteurs médiatiques : médias publics, médias privés commerciaux, médias associatifs et communautaires
6. Trouver un statut clair à la Radio Okapi, radio onusienne

Fermer les médias de Kinshasa, serait une fuite en avant cela montrerait à la face du monde que le gouvernement de Gizenga est aux abois face à qui ? that is the question ?

Freddy Mulongo © Radio Réveil-FM 21.10.2007


DROIT DE RÉPONSE
8 avril 2008

Chers tous de la RLTV et de "La Conscience"

Je me fais le devoir de réagir contre l'article que je viens de lire sur les liens http://www.rltv.cd/article=6.htm et http://www.laconscience.com/article... de vos websites.

Il s'agit d'un article auquel j'ai déjà réagi sur le site de "Réveil FM" en rappellant que pendant que Monsieur Tshilombo prenait ses mesures contre les médias, je ne faisais plus partie de son cabinet.

J'ai volontairement quitté le cabinet du ministre depuis le 14 août 2007 par démission personnelle et pour faire honneur à mes hautes convictions sur la politique et sur la liberté de la presse qui est chère à mes yeux. J'ai régulièrement déposé ma lettre de démission contre un accusé de réception.

Puis-je, à cet affet, vous demander, conformément à la loi, de diffuser ces deux paragraphes comme droit de réponse m'échu afin de ne pas induire en erreur toute personne de bonne foi qui lirait le même article sur vos websites.

Meilleure salutation.

Le texte qui suit est celui qui a été publié par "Réveil FM" comme droit de réponse. Je puis vous demander de le publier pour les mêmes fins utiles.

Charles MUSHIZI

DROIT DE REPONSE ADRESSE A "REVEIL FM"

Cher Freddy MULONGO,
Madame, Monsieur le web master de Réveil FM,
Madame, Monsieur le Directeur des Informations de Réveil FM,

J'ai lu avec intérêt votre analyse intitulée « RDC : La Sakombisakion des Médias Congolais par Toussaint Tsilombo », parue sur le web site de « Réveil FM » (http://www.reveil-fm.com/index.php/Radio) et signée de la main de Monsieur Freddy Mulongo, dimanche 21 octobre 2007 à 21 :38.

L'analyse porte sur un récent arrêté pris par Monsieur le Ministre de l'information, presse et communication nationale de la République Démocratique du Congo interdisant la parution et la diffusion des « médias non en règle avec la loi congolaise ».

Cette analyse cite mes noms (Maître Charles MUSHIZI) en ces termes : « Comment Toussaint tshilombo qui a pour conseiller juridique, Maître Charles Mushizi qui a longtemps oeuvré chez JED, Journalistes en Danger, peut-il prendre des décisions qui vont dans le sens du muselement des médias ? ».

Madame, Monsieur,

J'ai effectivement exercé les fonctions de conseiller du Ministre ci haut cité depuis le mois de février 2007. En juin de la même année, le même Ministre a pris un arrêté portant constitution de son cabinet, au titre duquel j'ai été nommé comme « Assistant du Ministre ».

Je rappelle qu'au mois de février 2007, à l'issue de l'investiture du gouvernement issu des élections attendues depuis plus de 40 ans en République Démocratique du Congo, les congolais se sont permis un nouvel espoir de profond changement politique et institutionnel.

J'ai donc été de ceux qui ont cru pouvoir mettre au profit de la République leur modeste contribution en soutenant le mandat de Monsieur le Ministre de l'information, presse et communication nationale. Je l'ai fait en tant qu'avocat et défenseur des libertés fondamentales (notamment de la liberté de la presse comme vous semblez bien le savoir) ; et je l'assume.

Cependant, depuis quelques mois, bien avant donc la prise de l'arrêté sur lequel porte votre analyse, j'ai dû quitter le cabinet du Ministre en lui déposant formellement ma démission, qu'il a, du reste, agréée. Les raisons de ma démission sont tout aussi simples : je ne pouvais pas rester travailler dans un cabinet acquis à la répression des médias privés, à l'accaparement et à l'affaiblissement au quotidien des médias publics. Mieux, mon engagement en faveur des libertés fondamentales m'a fort manqué pendant ces quelques mois que j'ai passés au cabinet du Ministre, m'évertuant à taper sur du roc.

J'ai donc recouvré et gardé ma ligne de conduite ainsi que mes profondes convictions d'acteur de la société civile.

Voilà pourquoi je vous écris, ce jour, au titre de droit de réponse consacré par la loi, afin d'apporter un correctif au contenu de votre analyse, qui ne manque pas, par ailleurs, quelques mérites.

Je vous saurais gré, par la même occasion, d'en faire large diffusion pour que toutes les personnes qui ont lu votre analyse et qui ont, de bonne foi, été induites en erreur, puissent avoir droit à la vérité.

En fin, je vous écris en tant qu'activiste engagé dans la société civile et pour qui la réputation doit être gardée intacte.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de ma salutation distinguée.

Charles MUSHIZI,
Avocat à la Cour
www.freewebs.com


 
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